Juin 2026
Typographie first
Avant la couleur, avant l'image, avant tout — la typographie. Pourquoi le choix d'une famille de caractères est souvent la décision la plus structurante d'un projet. Et pourquoi tant de marques la traitent comme un détail.
Les marques investissent dans des photos. Elles font appel à des photographes, des stylistes, des chefs opérateurs. Elles négligent rarement leur couleur signature. Et pourtant, dans 90 % des projets qui arrivent sur notre table, la typographie a été choisie par défaut — parce qu'elle était déjà installée sur le poste, parce qu'elle était gratuite, parce que « ça passe bien ».
C'est une erreur de hiérarchie. La typographie est présente sur chaque support, dans chaque format, à chaque point de contact. Une photographie occupe un espace. La typographie structure tout l'espace. Elle dicte le rythme de lecture, elle porte le ton, elle ancre la personnalité d'une marque aussi sûrement que son logotype — peut-être plus.
Choisir une typographie, c'est d'abord comprendre ce qu'on veut dire. Un caractère avec empattements évoque l'ancienneté, l'autorité, la tradition. Un sans-serif géométrique parle de modernité, de clarté, d'efficacité. Un caractère avec une légère irrégularité introduit de la chaleur humaine. Ces nuances ne sont pas anecdotiques — elles se lisent, même inconsciemment, par quelqu'un qui ne connaît pas le nom des polices.
Notre méthode : commencer par la typographie. Avant la couleur, avant les images, avant tout le reste. On installe les fontes, on compose quelques lignes dans différents contextes — un titre d'affiche, un texte courant, un bouton d'interface — et on regarde si ça raconte quelque chose de juste sur la marque. Si oui, on construit à partir de là. Si non, on cherche encore.
Le bon choix typographique n'est pas celui qui est beau en isolation. C'est celui qui, une fois mis en situation, rend toute la communication plus cohérente sans qu'on ait besoin de l'expliquer.